Administratifs, Services Communs (SUGE,...)
Monsieur le Président,
Cette CPC se tient le jour où Mr le Ministre présente son projet finalisé de réforme de nos retraites et à 8 jours de la grève qui débute18 Octobre 2007.
Cette grève appelée par les 8 fédérations de cheminots, vous vous en doutez sera extrêmement massive puisqu’il s’agit de s’opposer à la casse de notre régime particulier de retraite et de prévoyance qui touche les cheminots de tous les collèges et qui prépare la casse complète de tous les régimes de retraite dès 2008.
Nous avons tous en mémoire la lettre adressée par Mr Gallois aux cheminots en 2003, lors de la réforme Fillon, nous expliquant que nous n’étions pas concernés et cherchant par la même à nous dissuader de faire grève.
Aujourd’hui, les choses sont claires, nous sommes concernés, le ministre du travail a déjà annoncé à notre Confédération le 25 septembre, qu’il s’agissait d’allonger la durée de cotisation de 37,5 annuités à 40, puis 41, d’appliquer une décote de 5% pour chaque année de cotisations manquante et d’indexer les pensions de retraite sur les prix et non plus sur les salaires, il compte ensuite dès 2008 aggraver cette situation ainsi que celle des salariés de la fonction publique et du secteur privé.
Il considère ces objectifs comme non négociables et seuls les rythmes de mise en place sont pour lui discutables. Ces mesures, si elles devaient s’appliquer, se traduiraient pour la grande majorité des cheminots par une amputation de 20 à 30 % des pensions.
Le dispositif mis en place par la Direction de l’entreprise pour impliquer la ligne hiérarchique, jusqu’aux DPX en vue d’expliquer « le bien fondé » de la contre réforme Fillon aux cheminots est absolument inadmissible et rappelle certaines heures sombres de notre histoire.
En effet, il est inadmissible et vous prenez quelques risques, de vouloir faire prendre en charge par certains cheminots l’explication d’une contre réforme dont ils seraient eux mêmes victimes, c’est faire jouer un rôle politique aux DPX et à toute la ligne hiérarchique dont ce n’est pas la tâche, vous leur demandez d’adhérer et d’expliquer aux cheminots le programme politique de l’UMP, du MEDEF, de Mr Sarkozy et du gouvernement.
Nous n’en doutons pas, l’encadrement répondra lui aussi massivement aux côtés de tous les cheminots à cette offensive gouvernementale et patronale par la grève le 18 octobre.
Le plan de casse du FRET, les restructurations qui s’enchaînent les une aux autres sans discontinuer depuis plusieurs années, les suppressions massives d’effectifs et le pouvoir d’achat en baisse constante ne font qu’ajouter un peu plus au mécontentement. Le personnel administratif paye largement sa part à cette productivité.
Concurrence, compétitivité, rentabilité financière, profits, autant de concepts qui annoncent la casse du service public SNCF et de notre statut.
Une politique introduite par la directive européenne 91.440 de laquelle découle la création de RFF, de la gestion par activité et de la régionalisation, que Force Ouvrière dénonce et combat depuis son origine.
Cette même politique de réduction des coûts répondant aux sacro-saints critères de convergence économiques imposés par la l’union européenne et la concurrence « libre et non faussée », pourtant rejetée massivement par les citoyens le 29 mai 2005, conduit au démantèlement du service public SNCF.
C’est en adéquation avec cette politique, que le gouvernement voudrait voir disparaître notre statut et notre régime particulier de retraite.
C’est ce qu’explique le journal « la vie du rail » à sa manière dans son édition du 19 septembre 2007, « depuis juillet dernier, la présentation de la part patronale des cotisations a changé. Sont maintenant distingués ce qui représente le T1, part du régime général commun à l’ensemble des salariés, et le T2, qui pend en compte l’ensemble des spécificités du régime cheminots. Cela met clairement en relief les 11,96% de cotisations supplémentaires payés par la SNCF. Par rapport aux nouveaux entrants, cela montre aussi la différence structurelle, liée à l’histoire, qui fausse la concurrence ».
Ces 11,96% font partie du salaire différé des cheminots et sont donc prélevés sur la masse salariale, les particularités du régime, ce sont donc les cheminots qui les payent. Il n’y a donc aucun privilège contrairement à ce que certains voudraient faire croire à l’opinion publique.
C’est aussi pour se conformer à cette politique que les restructurations se succèdent sans discontinuer depuis plusieurs années et conduisent au démantèlement des structures administratives par la création d’agences et de plaques, par la remise en cause des accords locaux et la contractualisation des missions à la SUGE, par la fermeture de cabinets médicaux et d’établissements sanitaires et sociaux ; mais aussi par la sortie de la CPR qui maintenant ne fait même plus partie de la SNCF.
C’est en réponse à cette politique de casse du service public, de notre statut et de notre régime de retraite que la fédération FO appelle les cheminots de tous collèges à se mettre massivement en grève dès le 18 octobre 2007 avec l’ensemble des salariés du public et du privé. Pour revendiquer :
Le maintien de l’intégralité de notre régime spécial de retraite et de prévoyance ;
Le retour aux 37,5 annuités pour tous pour bénéficier d’une retraite à taux plein ;
Pour s’opposer au plan de casse du FRET, aux restructurations et aux suppressions massives d’emplois dans tous nos services ;
Et pour défendre le service public ferroviaire et notre statut.
