Fédération Force Ouvrière des cheminots

Comité de Groupe SNCF

DECLARATION FO Comité de Groupe du 02 juillet 2008

Monsieur le Président,

Concernant GEODIS

A l’annonce de l’OPA sur GEODIS, l’Etat s’était engagé à faciliter les interconnexions avec le rail dans les ports, les plateformes logistiques et autres points de réseaux.

Comment pouvez-vous, Monsieur le Président, nous expliquer la cohérence de ces engagements avec vos orientations alors que nous avons tous conscience que la France est une plaque tournante de flux de marchandises en Europe et que l’opinion publique ne cesse de déplorer l’encombrement des autoroutes françaises.

Pour Force Ouvrière, cette OPA sur GEODIS n’aura de sens que dans le cadre d’une approche globale de transport multimodal de service public.

Espérons que cette opération n’aura pas été guidée par le seul appétit des financiers et actionnaires plus prompts à faire des profits sur le dos des salariés en occultant l’intérêt de l’entreprise nationale sur le long terme.

Il ne faudrait pas non plus, qu’on retombe dans les vieux travers, où la SNCF était le principal opérateur routier français.

En effet, à l’heure où les prix du gazole explosent mobilisant de très nombreuses corporations, notamment dans le domaine des transports et après le Grenelle de l’environnement, il est admis par l’ensemble des acteurs socio-économiques que le développement du transport ferroviaire représente une nécessité absolue. Le Gouvernement a, lui-même reconnu cet impératif et multiplie les annonces en faveur du transport ferroviaire.

Cependant, d’après de nombreux parlementaires et élus locaux, ces annonces ne semblent pas confirmées par la politique mise en œuvre par la SNCF ces dernières années.

Sa stratégie basée sur le seul trafic de voyageurs, en particulier, le train à grande vitesse, en négligeant le transport de marchandises, n’est pas toujours comprise. Les fermetures de nombreuses gares et triages est selon nous un non sens dans la politique aménagement du territoire.

Pour Force Ouvrière, Fret SNCF doit se réinscrire dans une politique de volume et tourner le dos à sa stratégie d’abandon des trafics.

Nous réitérons, à Force Ouvrière, que notre réglementation actuelle laisse suffisamment de latitude pour garder voire reconquérir des trafics.

Concernant KEOLIS

Quant à KEOLIS et comme nous l’avons rappelé à plusieurs reprises, nous pensons que le mode de détention minoritaire et d’intégration comptable opéré par le groupe ne permet pas d’intégrer des effets de développement et l’amélioration d’une profitabilité.

Concernant les comptes consolidés 2007

2007 aura encore été un très bon millésime pour le groupe SNCF. L’entreprise a vu son bénéfice triplé en un an pour dépasser le milliard d’euros. Oubliées donc les années de disettes et de déficits récurrents.

La compagnie connaît donc une situation financière d’ensemble sans précédent dans son histoire et nous aurions tort de bouder de tels résultats.

Par contre, si nous nous réjouissons de cette bonne santé, nous contestons les moyens que vous avez mis en œuvre pour y parvenir.

L’emploi aura de nouveau constitué une variable d’ajustement au détriment bien souvent de la qualité et de la régularité et de la sûreté. Les récents retards importants dont la presse s’est fait l’écho en sont une illustration.

Si nous notons une meilleure capacité d’autofinancement des investissements, l’abaissement de l’endettement et un meilleur ratio dette sur fonds propres, nous constatons qu’une bonne partie de ces résultats proviennent encore de la vente d’actifs même si nous reconnaissons qu’ils sont moins nombreux que l’année dernière.

A l’inverse du satisfecit de l’entreprise, Force Ouvrière s’interroge sur plusieurs points à savoir :

-  La baisse des frais de personnel opérée ces dernières années à l’encontre des intérêts des salariés compensera-t-elle indéfiniment la hausse des péages et celle de l’énergie ? En clair, jusqu’où comptez-vous aller en terme de gains de productivité sur les cheminots et d’une façon générale sur l’ensemble des salariés du groupe ?

-  Y aura-t-il des arbitrages sur la politique d’investissement ? Comment allez-vous apprécier vos choix d’allocation d’investissement ?

-  Quel avenir des corails et corails intercités pris en tenaille entre les TGV et les TER ?

-  Sur l’activité Fret, et compte tenu de l’ampleur des provisions dégagées sur 2006 et 2007, peut-on s’attendre à un ajustement favorable pour les années à venir ?

Concernant le rapport d’étape de la mission Haenel

Au dernier comité de groupe, vous vous disiez confiant au sujet du rapport de la cour des comptes sur la gestion des infrastructures. Vous argumentiez même que le Président Seguin avait occulté plusieurs années bénéficiaires de la SNCF.

Aujourd’hui, comme vous le savez ce dossier a pris une autre tournure puisque le Gouvernement a missionné M. Haenel pour trouver des solutions au financement des infrastructures.

Force Ouvrière a quelques interrogations :

-  Est-ce que la filialisation de l’infra est à l’étude ? Souhaitez-vous copier la D.B., société à laquelle vous faîtes souvent référence.

-  Trouvez-vous normal que la SNCF se substitue à RFF en y investissant ses fonds propres, fruits du travail des cheminots.

-  Les pouvoirs de RFF sur la SNCF seront-ils accrus ? L’Etat autorisera-t-il RFF à mettre la SNCF en concurrence sur l’entretien des installations ?

-  Vu la propension de l’Etat à réduire ses finances publiques, Force Ouvrière serait fortement étonnée que l’Etat choisisse la seule solution crédible : le désendettement de RFF ! Est-il envisagé d’impliquer financièrement les régions voire les sociétés privées pour la maintenance des infrastructures en exploitation ?

-  Le déficit 2007 de l’activité infrastructure peut-il questionner le modèle de fonctionnement actuel du G.I.D. ?

-  Pour conclure sur ce dossier, pensez-vous Monsieur le Président que sur la problématique Infra, le futur régulateur ferroviaire sera à même de trouver les solutions attendues ?

Concernant le projet de développement de l’entreprise 2008/2012

A travers le projet « ambition SNCF 2012 » dévoilé dernièrement à la convention cadre et présenté au CCE du 23 juin 2008, on comprend mieux la politique de l’entreprise pour les cinq ans à venir de l’EPIC. Qu’adviendra-t-il du sort des cheminots de l’EPIC ?

Force Ouvrière constate la disparition à terme de la SNCF entreprise nationale intégrée avec la création de branches autonomes. Quid de la transversabilité de la SNCF ? Cela amènera inéluctablement à la disparition des régions. Nous craignons fort qu’à terme - mais cela a déjà commencé - que des emplois à statut disparaissent au profit d’emplois de droit privé (groupe/filiale, entreprises privées voir intérim).

Concernant plus particulièrement les salariés, Force Ouvrière note que maintenant vous parlez de « rétribution » et plus de « rémunération ». Force Ouvrière craint que les augmentations générales des salaires soient remplacées par des hausses individualisées.

mercredi 9 juillet 2008

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