Commercial, Voyageurs, Trains
La direction a réuni les Organisations Syndicales le 25 novembre 2008, dans le cadre d’un groupe de travail sur l’évolution de la politique de langues à la SNCF. Cette 1ère réunion faisait suite à une bilatérale fin 2006. Pour préparer cette rencontre la direction nous a transmis un document relativement succinct intitulé « Evolution de la politique langues » VFE et SNCF ProximitéS. Bien que peu étoffé ce dossier appelait quelques commentaires et inquiétudes de notre part. La délégation Force Ouvrière a interpellé la Direction sur plusieurs points de ce document, tout en réaffirmant notre position sur le sujet :
Monsieur,
Depuis les bilatérales qui se sont tenues fin 2006, la seule information que la direction ait donné aux organisations syndicales sur le sujet de la prime de langue, l’a été lors d’une réunion de la DCI du 20 octobre 2008 : le directeur des Train a annoncé que l’activité TER refuserait de payer.
Voila bien, nous le craignons, la réalité du changement dans la règle d’obtention de la prime : faire une fois de plus de la productivité sur le dos des cheminots, limiter les couts en réduisant les EVS.
Aujourd’hui l’article 75 du RH 131 donne toute latitude aux établissements pour organiser les moyens de formation et les besoins par rapport aux usagers.
A Force Ouvrière nous nous sommes efforcés dans les Etablissements, à ce que des constats soient organisés dés lors qu’il y avait un besoin exprimé par les usagers, ainsi qu’une demande des agents. Depuis quelque temps, nous constatons une réticence de la part des Directeurs d’Etablissements d’organiser des constats qui permettraient à de nouveaux cheminots de bénéficier de la prime de langue, ceux-ci se réfugiant derrière le projet de l’Entreprise d’en vouloir modifier les règles d’obtention.
Signataire du précédent accord formation et du nouveau en vigueur, notre Organisation syndicale a régulièrement réclamé dans les instances régionales la possibilité pour les agents volontaires de pouvoir bénéficier d’une formation initiale, afin de répondre à une demande exprimée lors des EIF.
Nous sommes également demandeur du maintien des compétences et à ce titre l’entreprise se doit de prévoir dans son plan de formation des modules de remises à niveau.
En ce qui concerne les gares, nous revendiquons que la prime soit mensualisée pour les agents et non pas attribuée en fonction de la tenue d’un poste. Nous demandons également que tous les services en contact avec les usagers soient concernés. En règle générale, trop d’agents de l’Escale et notamment du service accueil sont exclus du processus.
Par ailleurs, le constat passé par les agents est un examen qui leur reconnaît la capacité à parler une langue étrangère, et à ce titre comme tout examen il reste acquis.
Le document que vous nous présentez soulève un certain nombre d’inquiétudes et d’interrogations : Vous souhaitez « gérer une montée en compétence » pour être plus performant dans la pratique de langue étrangère.
Nous craignons fort qu’en voulant faire des cadrages plus précis de l’article 75 du RH 131, vous cherchiez à réduire considérablement le nombre de cheminots qui touchent actuellement la prime, les agents faisant ainsi les frais de vos ambitions en terme d’économie.
Nous souhaiterions avoir des informations plus précises sur la forme que vous voulez y mettre.
Notamment vous ne parlez que de postes primables. Doit on comprendre que les agents ne toucheraient la prime qu’à condition de travailler sur un poste primable ?
Est-ce que les postes, les lignes, les zones géographiques que vous aurez définis « primables » pourront être tenues par des agents qui ne seront pas titulaires du constat de langues étrangères ?
En définissant des postes, des lignes et des zones géographiques « primables », envisagez vous de faire de la connaissance des langues étrangères un pré requis à l’embauche ?
Concernant la formation, nous vous rappelons que celle-ci ne doit pas être de l’auto-formation, mais se faire sur le temps de travail et lors d’un face à face pédagogique.
Concernant votre idée incontournable : l’adéquation avec les « besoins clients », en l’occurrence pour l’activité TER quand vous dites : une promesse client, s’agit il du Conseil Régional ?
Dans les travaux à mener, vous faites référence à une hypothèse 1. Pouvez-vous être plus explicite sur l’évocation de cette hypothèse ? Nous souhaitons avoir connaissance de l’ensemble de vos hypothèses.
Pour finir, dans votre document qui est très succinct, pas un mot n’apparait sur la rémunération. Nous vous rappelons que notre organisation syndicale revendique depuis de nombreuses années, l’alignement de l’ensemble des primes de langues sur le taux le plus élevé.
Nous avons rapidement fait le constat au cours de cette réunion du peu d’avancée de ce dossier, ou tout simplement du peu d’informations que de la Direction souhaitait nous donner.
Un certain nombre de nos questions est resté sans réponse.
L’entreprise souhaite que les agents soient plus performants dans la pratique de l’Anglais en priorité, mais elle est incapable de nous dire aujourd’hui les réels moyens qu’elle envisage de mettre en place, en terme de formation initiale et de maintien des compétences.
Quand nous exigeons que l’attribution de la prime de langue reste acquise à l’issu du constat, nous n’avons pas de réponse très claire de la part de la Direction.
Il faut savoir qu’aujourd’hui certains sites se permettent de refaire passer un constat à leurs agents tout les 3 ans.
Quand nous revendiquons que la prime de langue doit être mensualisée pour l’agent et non attribuée en fonction de la tenue d’un poste, nous constatons une résistance de la part de la direction qui reste sur sa position actuelle, à savoir primer le poste.
Quand nous revendiquons que chaque agent de la filière 26 en contact avec les voyageurs doit pouvoir y prétendre, nous devinons que l’investissement, et le plus apporté aux usagers, sont aussi considérés comme un coût à travers la rémunération des agents.
Même si aujourd’hui la direction se défend de vouloir réduire les EVS à travers ce projet, elle ne nous a pas convaincu du contraire.
Pour conclure, nous avons eu le sentiment que la Direction a fait le choix de ne pas divulguer aux organisations syndicales le fond de ses réformes en terme de politique de langue, préférant déléguer aux Etablissements un certain nombre d’initiatives (orientées), afin de préparer le terrain. En effet, nous avons par exemple constaté sur des sites, que des DET ont carrément supprimé aux agents la prime de langue après avoir fait passé une évaluation, l’agent devant passer un constat « nouvelle formule » pour pouvoir prétendre à nouveau, toucher la prime de langues.
L’actuel RH 131 ne permet pas ce genre d’initiative.
Nous invitons nos délégués et nos militants à être vigilants, et de ne pas hésiter à nous contacter si ces initiatives se mettent en place sur leur Etablissement.
Dans les semaines avenir, d’autres GT devraient être organisés par la Direction, nous vous tiendrons au courant de l’avancement de ce dossier.
